Quel statut choisir pour démarrer son activité ?
Par
Me Fabrice Michel
8 janv. 2026
•
5 min de lecture
Se lancer dans l’entrepreneuriat est une aventure passionnante, mais choisir le bon statut juridique est une étape déterminante pour la suite de votre projet. Entre l’entrepreneur individuel, la micro-entreprise, l’EURL et la SASU, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Voici un tour d’horizon des critères à prendre en compte, des avantages et des limites de chaque statut, sans oublier l’impact sur la retraite et le choix du régime de TVA.
Le site de l’Urssaf propose un simulateur assez bien réalisé : https://mon-entreprise.urssaf.fr/assistants/choix-du-statut
Les critères à considérer
Nature de l’activité : certains statuts sont plus adaptés à des activités commerciales, artisanales ou libérales.
Chiffre d’affaires prévisionnel : la micro-entreprise, par exemple, impose des plafonds de chiffre d’affaires à ne pas dépasser.
Protection du patrimoine personnel : l’entrepreneur individuel est responsable sur ses biens propres, alors que l’EURL et la SASU offrent une séparation entre patrimoine personnel et professionnel.
Régime social du dirigeant : selon le statut, vous serez assimilé salarié ou travailleur non salarié (TNS), ce qui influence la protection sociale et la retraite.
Fiscalité : chaque statut a ses propres règles d’imposition des bénéfices.
Facilité de gestion : la simplicité administrative varie en fonction du statut choisi.
Évolution du projet : certains statuts se prêtent mieux à l’arrivée de nouveaux associés ou à la croissance rapide.
Avantages et limites des principaux statuts
1. L’entrepreneur individuel
Avantages : simplicité de création, gestion comptable allégée, coûts réduits, déduction des charges réelles (interessant si les charges réelles sont supérieures aux abattements forfaitaires de la micro-entreprise).
Limites : responsabilité illimitée sur le patrimoine personnel (sauf option pour le statut d’entrepreneur individuel à responsabilité limitée), régime social des indépendants.
2. La micro-entreprise
Avantages : formalités simplifiées, régime fiscal et social avantageux, paiement des charges au prorata du chiffre d’affaires, possibilité de franchise en base de TVA.
Limites : plafonds de chiffre d’affaires (77 700 € pour les services, 188 700 € pour la vente de marchandises en 2026), pas de déduction des charges réelles, couverture sociale limitée.
3. L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée)
Avantages : responsabilité limitée aux apports, possibilité de choisir entre l’imposition sur le revenu des salaires ou sur les dividendes, optimisation possible des bénéfices laissées dans la société, statut rassurant pour les partenaires.
Limites : formalités de création plus lourdes, obligations comptables, cotisations sociales souvent plus élevées qu’en micro-entreprise.
4. La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle)
Avantages : responsabilité limitée, grande liberté statutaire, dirigeant assimilé salarié (meilleure couverture sociale), image valorisante, possibilité de choisir entre l’imposition sur le revenu des salaires ou sur les dividendes, optimisation possible des bénéfices laissées dans la société.
Limites : coût de création et de gestion plus élevé, formalisme juridique, charges sociales plus importantes.
Impact sur la retraite
Le choix du statut influence la validation des trimestres de retraite. Les travailleurs non salariés (micro-entrepreneurs, entrepreneurs individuels, gérants majoritaires d’EURL) cotisent au régime des indépendants, avec des montants de cotisation parfois faibles si le chiffre d’affaires est limité, ce qui peut impacter la validation des trimestres. En SASU, le président assimilé salarié cotise au régime général, généralement plus avantageux pour la retraite, mais plus coûteux en charges sociales. Il est important de vérifier selon le statut choisi que les 4 trimestres seront validés.
Le régime de TVA : franchise en base ou réel ?
En micro-entreprise, il est possible de bénéficier de la franchise en base de TVA : vous ne facturez pas la TVA à vos clients (CA inférieur à 85 000 € pour la vente et à 37 500 € pour les PS en 2026), mais vous ne la récupérez pas sur vos achats. Ce régime est intéressant pour démarrer, mais peut devenir limitant si votre clientèle est composée de professionnels récupérant la TVA. Les autres statuts permettent d’opter pour le régime réel de TVA, offrant la possibilité de récupérer la TVA sur vos achats, ce qui peut optimiser la gestion financière selon la nature de votre activité.
Conclusion
Le choix du statut juridique dépend de nombreux facteurs : nature et taille du projet, besoins de protection sociale, perspectives de développement…
N’hésitez pas à vous faire accompagner par un expert-comptable ou un conseiller afin de choisir la structure la plus adaptée à votre situation et à vos ambitions d’entrepreneur.

Me Fabrice Michel
Avocat Fiscaliste


